Association Suisse de Zoothérapie

Copyright Association Suisse de Zoothérapie / Illustrations Jéromine Beuchat www.zootherapiesuisse.ch
L’animal relève notre humanité
La zoothérapie, qu’est-ce que c’est ?
Bien que la zoothérapie soit considérée comme une pratique nouvelle, l’animal est depuis fort longtemps associé à l’homme et à sa santé. > voir en détails Historique La zoothérapie fait référence à toutes sortes d’interventions encadrées par un intervenant dûment formé et assisté par un animal répondant à des critères bien définis. > voir en détails Définition La présence de l’animal permet de proposer des activités spécifiques qui ont pour but d’améliorer la santé mentale ou physique d’une personne, ou tout simplement sa qualité de vie. L’objectif de la zoothérapie peut donc être thérapeutique, préventif,social ou pédagogique. > voir en détails Méthodes d’intervention Parce qu’elle est complémentaire aux interventions conventionnelles, la zoothérapie peut être proposée par des professionnels issus de domaines différents. > voir en détails Différents métiers de la zoothérapie Bien que le chien domestique soit le plus fréquemment associé à la zoothérapie, il y plusieurs espèces animales avec lesquelles il est possible de travailler. > voir en détails Espèces animales pouvant être intégrées en zoothérapie
Historique de la zoothérapie De l’Antiquité à nos jours, l’animal a toujours fait partie de notre environnement, autant physique que spirituel. D’abord considéré comme une sorte d’intermédiaire entre le monde des humains et celui des dieux, il a petit à petit acquis une valeur propre, jusqu’à devenir animal de compagnie. Bien avant que ce phénomène - animal de compagnie - n’atteigne l’importance qu’il a de nos jours, son effet bénéfique sur l’Homme était déjà reconnu au 17e siècle. On pensait en effet que s’occuper d’un animal pouvait rétablir l’harmonie entre le corps et l’esprit. Aux 18e et 19e siècles, diverses espèces d’animaux faisaient partie intégrante du décor de plusieurs institutions de soins en Angleterre et ailleurs. Il a toutefois fallu attendre la fin du 20e siècle pour que la recherche se développe et démontre alors scientifiquement les effets bénéfiques que l’animal peut avoir sur la santé physique et psychologique des humains. Le premier article publié semble être celui de James H. S. Bossard en 1944, The mental hygiene of owning a dog (L’hygiène mentale résultant de la possession d’un chien). Cet article, qui a énormément de succès à sa parution, fait la revue de 13 bienfaits liés à la possession d’un chien (exemples : il permet d’exprimer son affection, donne de l’affection, contribue au développement de l’enfant comme l’apprentissage de l’hygiène ou l’éducation sexuelle, il permet la satisfaction du désire de pouvoir et consiste en un "catalyseur social". Dans l’ouvrage de Sigmund Freud publié en 1959, The interpretation of dreams (L’interprétation des rêves), l’auteur développe l’idée selon laquelle les origines de la névrose viennent de la nature bestiale de l’Homme. Ainsi, les images d’animaux récurrentes dans les rêves consistent en un mécanisme métaphorique qui déguise les pensées et sentiments inacceptables. L’animal est également considéré comme un catalyseur favorisant l’interaction sociale. Considéré comme le père de la zoothérapie, le psychologue Boris Levinson publie en 1962 un premier article intitulé The dog as a co-therapist (Le chien en tant que co-thérapeute). Ayant observé l’effet d’un petit chien sur la capacité de communiquer d’un enfant autiste, il introduit alors un chien dans sa pratique de psychothérapeute pour enfants. Reprenant alors les idées de Freud, il propose que la solution de la névrose consiste à restaurer une connexion saine avec son moi intérieur (nature animale inconsciente) en établissant une relation positive avec des animaux réels. Malgré plusieurs publications de Boris Levinson dans les années 60, ce n’est qu’à partir de 1980 que la recherche s’intéresse à l’impact de l’animal de compagnie sur la santé de l’humain. Ainsi, l’article de Erika Friedmann et ses collaborateurs, Animal companions and one-year survival of patients after discharge from a coronary care unit, publié en 1980, devient le déclencheur de l’intérêt scientifique pour ce nouveau domaine qu’est la zoothérapie. Cette étude démontre qu’après un accident cardiaque, les propriétaires d’un animal de compagnie ont une meilleure et plus rapide convalescence. Les effets bénéfiques au niveau physiologique sont alors démontrés. En 1984, dans leur article intitulé A new look of pet facilitated therapy (Une nouvelle vision de la thérapie facilitée par l’animal) Beck et Katcher font la revue des derniers articles publiés avec la question suivante : la thérapie assistée par l’animal a-t-elle un effet bénéfique au niveau psychologique ? Les auteurs ne démontrent alors aucun résultat concluant mais notent qu’il faut faire une distinction importante entre la thérapie à proprement parler et l'amélioration de la qualité de vie en général. Bien qu’un premier article de James Bossard en 1944 sur les bienfaits liés à la possession d’un chien ait eu beaucoup de succès à l’époque, et que Boris Levinson ait développé la thérapie assistée par l’animal dans les années 60, ce n’est donc qu’à partir des années 80 que les scientifiques se sont réellement intéressés à ce domaine de recherche. Depuis, plusieurs études ont démontré que la présence d’un animal dans un contexte thérapeutique pouvait effectivement avoir un effet très bénéfique sur la personne ciblée. En effet, sur 194 publications analysées (Lehotkay, 2005), plus de 80% donnent des résultats positifs. Que cela soit pour des enfants avec un trouble du comportement, des personnes handicapées physiques ou des personnes âgées souffrant de solitude, pour ne citer que ces exemples, la présence d’un animal est bénéfique à plusieurs niveaux. Ainsi, l’animal nous permet d’exprimer notre affection, il permet de développer les interactions sociales, il contribue à un sentiment d’acceptation inconditionnelle, il diminue le stress, il permet d’augmenter l’estime de soi, il réduit l’anxiété et la dépression, il est une source de motivation pour l’apprentissage, il permet une stimulation des fonctions cognitives et sensorielles, ainsi que des habiletés perceptivo-motrices, et enfin, il offre un contexte normalisant à la thérapie. En fait, la présence de l’animal "humanise" la thérapie. La zoothérapie est un domaine de recherche très récent. Son développement s’est fait en fonction de l’importance du phénomène "animal de compagnie" qui s’est principalement développé depuis les années 70 (résultat de l’exode rural). Etant donné la récence de ce domaine de recherche, les théories et procédures sont toujours en cours de définition. Copyright © Lehotkay 2007
Définition de la zoothérapie Pourquoi zoothérapie ? On retrouve plusieurs définitions sur les multiples sites Internet dédiés à la zoothérapie, définitions qui peuvent être légèrement différentes mais qui reprennent la plupart du temps les mêmes éléments. Mises à part ces éléments, le terme utilisé varie également. Ainsi, le terme de zoothérapie est davantage utilisé au Québec et en Suisse romande, alors qu'en France on préfère l'appellation "médiation animale". Bien que celle-ci semble plus neutre, il est important de souligner que le mot "thérapie" conserve aussi trop souvent pour la plupart des gens un sens restreint concernant le traitement des maladies. Selon le préambule à la Constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), "la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité" . Cette définition, qui n'a pas été modifiée depuis 1946, fait donc référence au bien-être général où la qualité de vie est essentielle. Ainsi, parce que la thérapie est définie comme l'ensemble des actions et pratiques destinées à retrouver la santé, la zoothérapie peut être définie comme une pratique destinée à permettre de retrouver un état de complet bien-être physique, mental et social, et non pas seulement destinée à soigner. En d'autres termes, nous considérons la zoothérapie comme un terme générique qui fait référence à toutes sortes d’interventions assistées par l'animal qui ont pour but d’améliorer la santé mentale ou physique d’une personne, ou tout simplement sa qualité de vie. Considérée dans certains cas comme un modèle d’intervention en soi, la zoothérapie doit être comprise davantage comme un ensemble de pratiques différentes, où l’animal est un instrument d’intervention qui sert le plus souvent de prétexte. Bien que ces activités ne soient pas toutes considérées comme thérapeutiques, le terme de zoothérapie est largement utilisé en Suisse romande car plus concis et plus simple que l'expression "interventions assistées par l'animal". De plus, c'est le terme importé du Québec, où il a été proposé pour la première fois en tant que traduction française du terme "pet therapy", concept largement utilisé aux Etats-Unis où cette pratique a vu le jour. Définition de l'ASZ La définition de l'ASZ proposée ici est donc une synthèse faite en tenant compte d'expériences professionnelles des membres et de ce qui est publié dans le domaine scientifique. La zoothérapie est un terme générique qui fait référence à toutes sortes d'interventions assistées par l'animal, c'est-à-dire des interventions encadrées par un intervenant dûment formé qui travaille accompagné d'un animal (ou des animaux) répondant à des critères bien définis. Elle se définit non pas comme une méthode mais comme un contexte d’intervention spécifique complémentaire aux interventions conventionnelles. La présence de l’animal permet ainsi de proposer des activités spécifiques qui ont pour but d’améliorer la santé mentale ou physique d’une personne, ou tout simplement sa qualité de vie. L’objectif de la zoothérapie peut donc être thérapeutique, préventif, social ou pédagogique. Parce qu’elle est complémentaire aux interventions conventionnelles, la zoothérapie peut être proposée par des professionnels issus de domaines différents. Enfin, pour ce qui est de l'animal, il doit être soigneusement sélectionné et son comportement doit être évalué avant de pouvoir travailler avec lui. Dans certains cas, notamment dans celui du chien, l'animal doit être éduqué, c'est-à-dire avoir une bonne éducation de base, voir davantage suivant la méthode de travail choisie. Tout récemment, l'IAHAIO (International Association of Human-Animal Interaction Organizations), qui est une association mondiale d'organisations dont l'objectif est de développer la pratique, la recherche et l'éducation dans le domaine des relations homme-animal, vient de publier les dernières définitions dont elle recommande l'utilisation désormais. Ainsi, nous vous présentons ci-dessous ces dernières définitions (en anglais) : • Animal Assisted Intervention (AAI) An Animal Assisted Intervention is a goal oriented and structured intervention that intentionally includes or incorporates animals in health, education and human service (e.g., social work) for the purpose of therapeutic gains in humans. It involves people with knowledge of the people and animals involved. Animal assisted interventions incorporate human-animal teams in formal human service such as Animal Assisted Therapy (AAT), Animal Assisted Education (AAE) or under certain conditions Animal Assisted Activity (AAA). • Animal Assisted Therapy (AAT): Animal Assisted Therapy is a goal oriented, planned and structured therapeutic intervention directed and/or delivered by health, education and human service professionals. Intervention progress is measured and included in professional documentation. AAT is delivered and/or directed by a formally trained (with active licensure, degree or equivalent) professional with expertise within the scope of the professionals’ practice. AAT focuses on enhancing physical, cognitive, behavioral and/or socio-emotional functioning of the particular human recipient. • Animal Assisted Education (or Animal Assisted Pedagogy): Animal Assisted Education (AAE) is a goal oriented, planned and structured intervention directed and/or delivered by educational and related service professional. AAE is conducted by qualified (with degree) general and special education teacher. Regular education teachers who conduct AAE must have knowledge of the animals involved. An example of AAE delivered by a regular education teacher is an educational visit that promotes responsible pet ownership. AAE, when done by special (remedial) education teachers is also considered therapeutic and a goal oriented intervention. The focus of the activities is on academic goals, pro- social skills and cognitive functioning. The student’s progress is measured and documented. An example of AAE delivered by a special education teacher is a dog-assisted reading program. • Animal Assisted Activity (AAA): AAA is a planned and goal oriented informal interaction and visitation conducted by the human-animal team for motivational, educational and recreational purposes. Human-animal teams must have received at least introductory training, preparation and assessment to participate in informal visitations. Human-animal teams who provide AAA may also work formally and directly with a healthcare, educator and/or human service provider on specific documentable goals. In this case they are participating in AAT or AAE that is conducted by a specialist in his/her profession. Examples of AAA include animal assisted crisis response that focuses on providing comfort and support for trauma, crisis and disaster survivors, and visiting companion animals for ‘meet and greet’ activities with residents in nursing homes. Référence : IAHAIO WHITE PAPER, 2014. THE IAHAIO DEFINITIONS FOR ANIMAL ASSISTED INTERVENTION AND GUIDELINES FOR WELLNESS OF ANIMALS INVOLVED. Document que vous pouvez consulter ici.http://www.iahaio.org/new/fileuploads/8000IAHAIO%20WHITE%20PAPER%20TASK%20FORCE%20- %20FINAL%20REPORT%20-%20070714.pdf 1 Préambule à la Constitution de l'Organisation mondiale de la Santé, tel qu'adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 Etats, (Actes officiels de l'Organisation mondiale de la Santé, n°. 2, p. 100) et entré en vigueur le 7 avril 1948.
thodes d’intervention Dans le domaine scientifique, suite à l'article de Beck et Katcher publié en 1984, pour permettre une meilleure compréhension du processus des bienfaits observés, il a été décidé de distinguer les Activités Assistées par l'Animal (AAA) des Thérapies Assistées par l'Animal (TAA). Aujourd'hui cette distinction n'est plus valable et ces deux méthodes de travail sont donc réunies sous le terme général d'Interventions Assistées par l'Animal (IAA), qui se déclinent elles-mêmes en interventions thérapeutiques, éducatives ou pédagogiques, ou en animations assistées par l'animal. Interventions thérapeutiques assistées par l'animal Faisant partie des thérapies à médiation, c'est-à-dire utilisant un média pour atteindre un but, la thérapie assistée par l'animal est une méthode d’intervention utilisée comme auxiliaire aux thérapies conventionnelles où l’animal joue un rôle d’intermédiaire entre le thérapeute et la personne ciblée. L’animal est ici considéré comme un adjoint thérapeutique. Les psychothérapies de type analytique ou cognitivo- comportementale sont un contexte particulièrement adapté à l’introduction d’un animal dans le but d’améliorer le lien thérapeutique entre le professionnel et le patient. La présence de l'animal dans le cadre de physiothérapies, telle que la thérapie avec le cheval par exemple, apporte une motivation supplémentaire qui amène le patient à se surpasser. Une partie des thérapies peuvent avoir un objectif davantage éducatif dans le but de permettre à la personne ciblée d'être mieux adaptée à son environnement, notamment lorsque ce sont des compétences sociales ou scolaires qui doivent être développées. La thérapie du langage assistée d’un animal consiste à introduire un animal dans l’exercice afin de motiver le patient et apporter un environnement normalisant à la thérapie (ex : logopédie, aide à l’apprentissage de la lecture). Interventions éducatives ou pédagogiques assistées par l'animal Tout comme la thérapie, les interventions pédagogiques assistées par l'animal sont utilisées comme auxiliaire aux méthodes pédagogiques conventionnelles où l’animal joue un rôle d’intermédiaire entre l'intervenant et la personne ciblée. Le but de ces interventions est par contre différent puisque c'est l'apprentissage qui est le centre de l'intervention. Copyright © Lehotkay 2008 Les animations assistées par l'animal L’animation animalière pédagogique consiste en une activité qui a pour but de permettre aux personnes concernées, le plus souvent des enfants, de faire des apprentissages liés au monde animal. Cette animation est le plus souvent proposée à des groupes, et l'animal présenté dépend de l'objectif choisi. Un bon exemple en est les séances de prévention des morsures de chiens organisée en Suisse par l’Association PAM (Prévention des Accidents par Morsures), où des intervenants accompagnés de leur chien viennent présenter à des enfants scolarisés les comportements adaptés face au chien. La Ferme pédagogique est un autre exemple qui est incontestablement un lieu d'apprentissage privilégié et qui se différencie de l'animation dans le sens que ce sont les personnes qui se déplacent. Ce serait évidemment difficile d'amener une vache dans une classe d'école… L'animation assistée par l’animal est une méthode préventive utilisant l’animal dans le but d’améliorer la qualité de vie de la personne bénéficiaire en augmentant sa motivation à participer à des activités récréatives. Dans ce cas, l'animal n'est pas considéré comme un intermédiaire mais devient souvent le centre d'intérêt de l'activité. Cette animation se fait également souvent en groupe, où un intervenant vient accompagné de différentes espèces d'animaux. On retrouve ce genre d’animation dans les foyers pour personnes âgées, les écoles et tous lieux où des activités de groupes peuvent être organisées. La visite animalière est l’activité la plus connue à ce jour et consiste en la visite d’un intervenant accompagné d'un animal. Plus fréquemment présente dans les foyers pour personnes âgées, elle apporte à ces dernières une activité différente qui les sort de leur train-train quotidien et améliore ainsi leur qualité de vie. Ainsi, les interventions assistées par l'animal sont diverses et variées, et les méthodes de travail et leurs objectifs sont aussi différents que les personnes et les problématiques ciblées. La liste des exemples proposés ci-dessus n'est donc pas exhaustive.
La zoothérapie, pour qui ? Tout le monde peut profiter de la zoothérapie, il suffit d’aimer les animaux ! Parce que l’animal est un médiateur de la relation sociale, il facilite le lien entre l’intervenant et la personne bénéficiaire, et ce quel que soit l’objectif. La zoothérapie peut être proposée aux personnes de tous âges - enfants, adolescents, adultes ou personnes âgées - avec différentes problématiques telles que handicap physique ou intellectuel, souffrances psychologiques, carence affective ou sociale, difficultés scolaires, troubles liés à l'âge avancé, etc. Parce que la zoothérapie est complémentaire aux interventions conventionnelles, elle peut être proposée par des professionnels issus de domaines différents. Ainsi, suivant l'objectif désiré, la personne désireuse de bénéficier de séances de zoothérapie devrait également se renseigner sur la formation de base de l'intervenant en zoothérapie.
La zoothérapie, par qui ? Les différents métiers de la zoothérapie Comme nous l'avons mentionné plus haut, parce que la zoothérapie est complémentaire aux interventions conventionnelles, elle peut être proposée par des professionnels issus de domaines différents. Considérant qu'il y a toutefois également des professionnels formés en zoothérapie mais sans formation de base, l'ASZ a décidé de faire une distinction entre ces différents professionnels de la zoothérapie et propose ainsi les termes spécifiques ci-dessous. L'intervenant en zoothérapie est un professionnel (diplômé) de la santé, du domaine pédagogique ou social, qui n'est pas précisément thérapeute, et qui a fait une spécialisation en zoothérapie (minimum 200 heures d'enseignement théorique). Le zoothérapeute est un thérapeute formé (diplômé) en thérapie (psychothérapie, physiothérapie, ergothérapie, thérapie du langage), qui a fait une spécialisation en zoothérapie (minimum 200 heures d'enseignement théorique) et qui a ainsi introduit l'animal dans sa pratique professionnelle. Sans formation académique de base dans les domaines de la santé, pédagogique ou social, l'auxiliaire en médiation animale est considéré comme professionnel pour autant qu'il ait fait au moins 100 heures d'enseignement théorique en zoothérapie.
Espèces d’animaux utilisés en zoothérapie Les animaux domestiques
Le lapin
Le lapin symbolise la douceur, la gentillesse, l’innocence, la tendresse, la confiance. Il a un effet calmant et rassurant ce qui permet de canaliser les excès de mouvement et d’apporter une présence sécurisante et quasi silencieuse. Doux, il permet de faire travailler les mains et les sensations tactiles. Etant de petite taille, il se manipule très facilement et convient autant pour les enfants que pour les personnes âgées. Le lapin n’apprécie pas d’être porté - il est recommandé de travailler avec lui sur une table ou par terre.
Le cochon d’Inde éveille la curiosité. Il permet de nombreux échanges verbaux au sein des groupes car il est souvent méconnu. Très doux et extrêmement calme, il reste sur les genoux et se laisse caresser très facilement, mais à l’instar du lapin, ce n’est pas sa position préférée. Pour le cochon d’Inde également, il est conseillé de travailler avec lui sur une table ou par terre.
Le chien est l’animal le plus souvent utilisé en zoothérapie, grâce entre autre à sa grande capacité d’adaptation. Sa présence permet de nombreuses activités, dont la promenade, le brossage, l’utilisation de récompenses et bien sûr les caresses... Il est très attentif, à l’écoute et ne demande pas de compétences particulières. En outre, comme beaucoup de personnes ont eu cet animal de compagnie dans leur enfance, il fait appel aux souvenirs. Le test d’aptitudes du chien de thérapie, utilisé par l’ASZ et développé à partir d’une analyse de plusieurs tests reconnus et utilisés aux Etats-Unis et au Canada, dont celui de < Thérapeutic Paws of Canada, est désormais disponible pour les étudiants de la Formation complète de l’ASZ..
Le chinchilla est apprécié pour la douceur de sa fourrure, mais le choix du travail avec le chinchilla doit être mûrement réfléchi en raison de son rythme de vie nocturne. Par respect de l’animal, l’ASZ déconseille les activités diurnes avec cette espèce. La tourterelle est particulièrement appréciée par les personnes âgées. Oiseau gracieux, qui plaît par sa douceur, sa légèreté, son côté joueur et son roucoulement. Facile à apprivoiser, la tourterelle se perche sur le doigt, peut manger des graines sur les genoux, s’envoler, revenir... C’est un formidable contexte de communication et de médiation. La tourterelle est utilisée pour les personnes calmes, maîtrisant une motricité fine
Le chat est plus indépendant que le chien mais reste un animal très affectueux et prisé en zoothérapie. Il décide ou non de travailler et d’offrir un moment de complicité avec son interlocuteur. Son plaisir à être en intervention se détermine à sa capacité d’adaptation en dehors de son milieu familier ainsi qu’à la confiance qu’il entretient avec son maître. Ce dernier pourra alors déterminer si son chat a envie ou non de travailler
Les animaux utilisés en zoothérapie L’animal accompagnant les interventions en zoothérapie L’intervenant a le devoir de s’informer sur les conditions de détention appropriées à chaque espèce d’animal qu’il fait intervenir en zoothérapie et il s’engage à les appliquer, conformément à l’Ordonnance fédérale sur la protection des animaux, notamment en ce qui concerne leur bien-être et leurs besoins vitaux, c'est-à-dire : la forme et l'espace minimum de leur enclos, cage ou lieu d'habitation les besoins de compagnie de certaines espèces (chevaux, lapins, cochons d'Inde, chinchilla, ânes... la nourriture et les soins quotidiens les besoins de mouvements et de repos quotidiens, selon la physiologie et le comportement propre à l'espèce le suivi et les soins vétérinaires indispensables (maladies, accidents, vieillesse, vaccins et vermifuges réguliers ou prévention homéopathique alternative ayant fait ses preuves) L’intervenant doit tenir à jour trimestriellement une liste des animaux avec lesquels il travaille (naissances, maladies, soins, accidents, décès et cause de décès). L’intervenant s’engage à ne pas travailler avec un animal malade ou en mauvaise condition psychique ou physique. Il veille sur l’état de l’animal avant et après chaque intervention et, en cas de nécessité, il prend les dispositions adéquates. L’intervenant ne doit en aucun cas surmener l’animal. L’intervenant explique à la personne ou au groupe pris en charge le comportement adéquat à adopter face à l’animal présent. Il veille au respect de ses indications et protège l’animal en toute circonstance. Extrait de la Charte éthique de l’Association Suisse de Zoothérapie
Le poney est un animal qui a un tempérament bien affirmé, mais s’il est bien socialisé et au bénéfice d’une éducation appropriée, il permet des interactions intéressantes: maîtrise de soi-même lors des soins (le brosser, lui curer les pieds, le préparer à l’activité, le nourrir, le toucher et câliner...), activités qui demandent du calme. Le poney favorise la prise de confiance en soi-même si l’on réussit à se faire comprendre lorsque l’on le conduit en longe ou sur son dos à travers un parcours d’obstacles ou de jeux, et il procure du bien-être par sa chaleur et le doux balancement de son corps.
Le cheval Le cheval qui a reçu une éducation qui le rapproche de l’humain, aime nous intégrer dans son troupeau, ou se sentir intégré dans le nôtre. Il nous enseigne la socialisation. C’est un être grégaire, vif mais qui aime le calme. Sa taille imposante, ses allures, en ont fait un être mythique. Galoper sur le dos d’un cheval à la crinière flottante nous rapproche de l’envol. Son odeur, les différences tactiles de son corps, (poil, crins, sabots, son souffle) offrent maintes sensations. Sa présence maintes émotions. Le cheval aime suivre un leader si celui ci est clair dans son objectif, sinon, il nous fera savoir à l’instant qu’il préfère choisir son chemin lui même. Ce qui nous permet de travailler sur l’estime de soi, la clarté dans nos désirs et la manière de les exprimer. Des parcours dessinés dans ce but, peuvent être cheminés à pied, le cheval à la longe ou sans attache. Le cheval nous aide à comprendre la géographie de l’espace ainsi que notre géométrie intérieure. Le balancement de ses hanches lorsqu’il nous accueille sur son dos, peut inscrire dans notre corps le mouvement de la marche lorsque celle ci n’a pas été expérimentée (paralysie) ou à été perdue lors d’un trauma. Son mouvement, la chaleur de son corps, l’émotion reçue par sa présence et son énergie nous offrent la possibilité de travailler le tonus musculaire et l’équilibre du petit enfant jusqu’à celle de l’adulte. Il est un collègue qui offre mille approches thérapeutiques.
Le cochon vietnamien est un animal peu utilisé mais très interessant en zoothérapie. Il éveille la curiosité et favorise la communication concernant son physique étonnant, sa manière de s’exprimer, son train de vie naturel lorsqu’il n’est pas enfermé toute la journée dans une étable... S’il a été habitué aux humains dès sa jeunesse et éduqué pour son rôle d’assistant, le cochon nous accompagne en promenade, amène les enfants ou préadolescents à travers de petit parcours, se laisse toucher, caresser, brosser, nourrir, sentir.
La chèvre La description de la chèvre en médiation animale est à compléter. Merci de nous faire part de votre expérience (positive ou négative) si la chèvre vous assiste dans vos interventions. > Contact L’âne La particularité de l’âne réside dans sa facilité de contact avec l’humain, dans son rythme plutôt lent, calme et stable, dans sa douceur et sa patience; il fait preuve d’une grande curiosité naturelle. L’âne a une excellente mémoire et peut se montrer rancunier. Son regard un peu mélancolique incite rapidement au contact affectif. Bien que l’âne soit un équidé comme le cheval, son comportement et son caractère les différencient profondément : l’âne est sédentaire, solidaire, réfléchi et anarchiste (il n’a pas un fonctionnement hiérarchisé). Il a besoin d’analyser une situation avant d’agir, ce qui peut lui prendre un certain temps. La prudence et le fait qu’il se sente responsable de lui-même, mais également de l’humain en sa compagnie, impliquent que ce temps de réflexion lui soit nécessaire. L’âne cherche en l’humain un compagnon. Il faut trouver comment collaborer avec lui ; s’il est brusqué, l’âne va se figer et s’entêter, mieux vaut être à l’écoute de ses réactions, le comprendre et parfois le convaincre ou l’inciter par la confiance. Avec l’âne, il faut négocier et être est dans le respect mutuel. Pour bien fonctionner avec lui, il faut entrer dans un partenariat. L’âne communique par le biais d’une palette de langage corporel, que ce soit par les attitudes, les actions, les mimiques et expressions ou encore les «sons». La position des oreilles, les mouvements de la queue et les mouvements du corps sont particulièrement signifiants. Mais interviennent également dans sa communication, le regard, la position de la tête, les mouvements du museau, les soufflements, les braiements, etc. Ce grand animal, patient et rassurant, permet des activités mettant en jeu l’ensemble de son corps (coordination, équilibre, mobilité de la globalité du corps, latéralité). Le guidage dans un parcours d’obstacles permet de travailler l’organisation des gestes, l’orientation spatio-temporelle et l’affirmation de soi par exemple. L’âne offre de riches stimulations tactiles, olfactives et auditives, mais également des stimulations vibratoires lorsqu’on est sur le dos de l’animal ou lors de la marche à ses côtés. Il permet d’effectuer un travail de portage intéressant sur le plan de l’accordage tonique, postural, émotionnel et rythmique. La proprioception, le schéma corporel et l’image du corps de la personne peuvent s’affiner. Les NAC exotiques . .
Les nouveaux animaux de compagnie en terrarium Reptiles, tortues, gekkos, blattes, phasmes, etc
Les nouveaux animaux de compagnie en aquarium Poissons, tortues d’eau, etc.
Lors de vos interventions en zoothérapie, vous travaillez avec un ou plusieurs de ces animaux. Dans ces cas, merci de nous faire part de vos expériences, en expliquant leurs particularités et les bénéfices que peuvent en tirer les personnes que vous prenez en charge.
Législation fédérale La pratique de la zoothérapie, qu'en est-il de la législation fédérale ? * Extrait de la présentation du Dr Magnenat, Vétérinaire officiel au sein du Service de la Consommation et des Affaires Vétérinaires (SCAV) du canton de Genève et chef du secteur protection des animaux, lors de la conférence SHARRE 2014. Comme indiqué en préambule de la conférence SHARRE 2014, la pratique de la zoothérapie requiert de l'intervenant la connaissance de l'humain ET de l'animal. Il est en effet primordial de savoir non seulement aborder la personne en demande mais aussi de travailler dans le respect de l'animal, en tenant compte de ses capacités et de ses limites. Il est crucial pour l'autorité de disposer de tous les éléments d'appréciation permettant de s'assurer que les animaux ne soient pas mis dans un état d’anxiété ou surmenés inutilement, autant pendant ll’utilisation elle même que lors du transport ou la détention en général (loi fédérale sur la protection des animaux (LPA), ordonnance fédérale sur la protection des animaux (OPAn). S'agissant de chiens, un rappel des législations canines en vigueur est nécessaire, notamment en ce qui concerne la sécurité publique (OPAn, lois et règlements cantonaux sur les chiens. (LChiens et RChiens). Par ailleurs, concernant les personnes pratiquant la zoothérapie, la loi cantonale sur la santé ainsi que le règlement cantonal sur les pratiques complémentaires s'applique, lequel dispose que les personnes qui ne sont pas des professionnels de la santé peuvent recourir à des pratiques complémentaires - telles que la zoothérapie ou la médiation animale – à condition notamment de s'inscrire dans les registres du Service du Médecin Cantonal (SMC) qui délivre une attestation d’inscription. Les animaux utilisés en zoothérapie le sont à titre professionnel. Par conséquent, toute personne qui les détient à ce titre doit avoir suivi au moins une formation spécifique indépendante de la profession et doit s'annoncer auprès de l'autorité cantonale respective. Les bases légales en matière de formation sont l'OPAn ainsi que l'ordonnance fédérale sur les formations à la détention d’animaux et à la manière de les traiter (RS 455.109.1). Concernant la formation spécifique élaborée par l'ASZ, elle n'a pas à ce jour été reconnue par l'OSAV. Aucune formation équivalente n'est connue du service. Toutefois, selon notre pratique actuelle, les intervenants au bénéfice de l'enseignement de l'ASZ sont en l'état considérés comme remplissant les exigences légales.
Les assurances couvrant les interventions en zoothérapie Pour l’intervenant: ASSURANCE DE RESPONSABILITE CIVILE PROFESSIONNELLE En tant qu'intervenant en zoothérapie, il est indispensable de conclure une assurance de responsabilité civile professionnelle qui couvre les dommages matériels et/ou lésions corporelles justifiées causées involontairement lors de la pratique de la zoothérapie ainsi que la défense des assurés contre les prétentions injustifiées. L'assurance RC couvrira également les intérêts du dommage, les frais de réduction du dommage, d'expertise, d'avocat, de justice, d'arbitrage et de médiation. Il est important de prévoir une couverture financière suffisante pour les risques assurés. PROTECTION JURIDIQUE PROFESSIONNELLE L'Association suisse de Zoothérapie recommande vivement à tout intervenant en zoothérapie de conclure également une assurance de Protection Juridique qui couvre les frais de défense juridique en cas de litige concernant un dommage matériel ou une lésion corporelle causé lors de la pratique professionnelle de la zoothérapie. Vérifiez toutefois si votre assurance de responsabilité civile ne comporte pas déjà la protection juridique de vos intérêts. L'Association suisse de Zoothérapie recommande vivement à tout intervenant en zoothérapie de conclure également une assurance de Protection Juridique qui couvre les frais de défense juridique en cas de litige concernant un dommage matériel ou une lésion corporelle causé lors de la pratique professionnelle de la zoothérapie. Vérifiez toutefois si votre assurance de responsabilité civile ne comporte pas déjà la protection juridique de vos intérêts. Si vous pratiquez la zoothérapie, nous vous conseillons : o de vous inscrire auprès de l'ASCA ou l'association professionnelle spécifique de votre profession de base, pour autant qu'elle soit reconnue par les assurances qui couvrent les traitements alternatifs ; ou o de soumettre votre dossier personnel à une assurance dont les complémentaires prennent en charge la zoothérapie, afin d'obtenir la reconnaissance de vos prestations Pour le client : ASSURANCES PRENANT EN CHARGE LA ZOOTHERAPIE Les assurances complémentaires de certaines compagnies d'assurances prennent en charge jusqu'à 90% du traitement en zoothérapie pour autant que cela soit prescrit par un médecin et que le traitement se fasse en individuel. Ces complémentaires prévoient, entre autres prestations, une contribution annuelle limitée aux frais de traitement ambulatoire selon des méthodes thérapeutiques de la médecine naturelle. Ces assurances accordent une participation aux frais de traitement en zoothérapie à la condition que : o le praticien puisse justifier d'une formation adéquate reconnue par l'assurance de la personne à prendre en charge ou o qu'il soit membre d'une association professionnelle reconnue.